Mercedes-Benz Classe E E200 W124 Sportline
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La W124 est considérée par beaucoup comme la dernière véritable Mercedes. La dernière à avoir encore été construite avec l'idée qu'une voiture doit durer plus longtemps que son propriétaire. Surdimensionnée, surconçue, et donc pratiquement indestructible. Ce n'est pas un hasard si on les voit encore circuler comme taxis au Maroc et en Allemagne avec des kilométrages astronomiques au compteur.
Les Allemands appelaient cela 'Über-Ingenieurskunst', et ils avaient raison. Cette génération a été dessinée par Bruno Sacco, l'homme qui a également signé la W126 et la R129. Pas le designer le plus flamboyant, mais bien le plus intemporel. Une W124 de 1994 a encore aujourd'hui une allure mûre, là où tant d'autres voitures de cette époque paraissent désormais datées.
Et en plus, il s'agit ici d'une Sportline. Pour ceux qui l'ignorent : la Sportline n'était pas un modèle à part, mais un équipement d'usine que l'on pouvait commander en supplément. Châssis abaissé, ressorts et amortisseurs plus fermes, barres stabilisatrices plus épaisses, et des pneus plus larges à l'arrière. Mercedes a en fait construit une version sportive subtilement habillée que l'on ne reconnaît de l'extérieur que si l'on sait où regarder.
Pas d'ailerons, pas de chichis, pas de fioritures. Simplement un costume ajusté à la coupe un peu plus affûtée. Exactement comme les Allemands l'entendaient.
Bon, revenons à l'E200 proposée. Sous le capot se trouve le M111, le quatre cylindres avec ses honnêtes 2.0 litres et, voici le plus beau, une boîte manuelle. Oui, vous avez bien lu. Une W124 à trois pédales, à une époque où la plupart des acheteurs optaient depuis longtemps pour la boîte automatique parce que c'était 'plus chic'.
Voici donc la version pour qui voulait changer les vitesses soi-même, pour qui voulait vraiment ressentir la voiture. Pas la plus rapide, je l'admets honnêtement. Mais bien une avec laquelle on s'engage l'esprit tranquille sur l'échangeur de Hoevelaken en se disant : celle-ci roule encore mieux que quatre-vingt-dix pour cent de ce qui sort aujourd'hui des chaînes de montage.
La teinte Blauschwarz Metallic mérite elle aussi une mention honorable. Un bleu qui, à l'ombre, paraît presque noir, mais qui, dès que le soleil l'atteint, révèle la profondeur d'un océan à la lumière du soir. Le genre de couleur dont Mercedes semblait détenir le brevet en ces années-là. Associez cela à la discrète finition Sportline et vous obtenez une voiture qui ne crie jamais, mais qui entre partout avec la confiance sereine de celui qui n'a plus rien à prouver.
Ce qui rend cette voiture si particulière, c'est cette combinaison d'éléments que l'on rencontre rarement réunis. Une W124, dans la recherchée version Sportline, avec la boîte manuelle, dans une couleur juste, issue de la dernière année de production de la série. La W124 a en effet été remplacée en 1995 par la W210 avec ses phares ronds, au sujet desquels le monde reste partagé jusqu'à aujourd'hui.
Ceci est donc l'un des derniers exemplaires encore livrés entièrement selon l'ancienne philosophie. Une capsule temporelle de l'année où le monde croyait encore que la solidité importait davantage qu'un restylage tous les trois ans.
Dans ma vie, j'ai vu passer assez de voitures qui, sur le papier, étaient plus excitantes. Mais il y a dans une W124 soignée et impeccable quelque chose qui me touche à chaque fois. Peut-être est-ce la nostalgie, peut-être le respect du savoir-faire. Probablement les deux. Ce n'est pas une voiture que l'on achète pour impressionner sur le front de mer. C'est une voiture que l'on achète parce que l'on comprend ce qu'une voiture a été autrefois, et ce que nous avons un peu perdu en chemin.
Monter à bord, tourner la clé, enfoncer l'embrayage, passer la première et simplement conduire comme il se doit. Pas d'écrans, pas de bips, pas d'une demi-douzaine de modes de conduite. Seulement vous, trois pédales et une voiture qui durera encore des années.
On n'en fait plus des comme ça. Et vous le savez aussi.
Caractéristiques particulières
- Rare équipement d'usine Sportline
- Boîte de vitesses manuelle (exceptionnelle dans cette combinaison)
- Moteur essence M111 2.0 quatre cylindres
- Dernière année de production de la série W124 (1994)
- Blauschwarz Metallic, une couleur à la profondeur surprenante
- Châssis Sportline : abaissé, réglage plus ferme, pneus plus larges
- Design de Bruno Sacco, resté intemporel
- Voiture sous régime de la marge
- La dernière véritable Mercedes selon de nombreux connaisseurs
- Carrosserie berline, quatre portes